La Roche Pourrie, c’est toute une histoire !

Le 24.06.2007, par CAF Albertville


Depuis des millénaires, ce sommet contemple la ville d'Albertville dont il est le point culminant : 2 037 m. Sentinelle de pierre dressée entre ciel et terre, elle offre un panorama incomparable sur 360°. Si d'autres sommets peuvent se vanter d'être de tels miradors, la Roche Pourrie a le privilège de sa richesse historique et culturelle à nulle autre pareille, parce qu'elle possède son monument : une stèle rénovée et inaugurée en 2004, à l'identique de celle de 1901. La pierre du sommet et la plaque sont d'origine. La stèle est flanquée depuis le 24 juin 2007 de magnifiques tables de lecture de paysage en bronze, l'ensemble constituant le podium de la mémoire et la vigie des évolutions futures.
C'est notre ange gardien des valeurs, ces valeurs qui ont animé nos prédécesseurs notamment en 1901 au moment de la catastrophique avalanche qui a englouti nos trois valeureux alpinistes et suscité la réalisation d'une stèle commémorative ; valeurs qui ont aussi animé ceux qui ont construit la nouvelle stèle et les deux tables qui l'accompagnent. L'inauguration du 24 juin 2007 mettant un point final à ce qui effectivement constitue toute une histoire.

Inauguration Roche Pourrie 24 juin 2007

LA CATASTROPHE DE L’AVALANCHE DE LA ROCHE POURRIE

C’était en Février 1901.
La Section du CAF d’Albertville organisait sa fête annuelle le Samedi 9 février avec, en point d’orgue, une conférence sur l’intérêt, les bienfaits mais aussi les précautions à prendre pour les randonnées hivernales en montagne. Le conférencier n’est autre que Ernest Brunnarius, architecte parisien, délégué national pour la section d’Albertville. Il est assisté de Eugène Lamy, jeune cafiste d’Annecy et de Louis Poncin, Secrétaire du CAF d’Albertville, organisateur et animateur chevronné. Le Docteur Armand, président de la section coordonne les festivités. Ce fut un grand succès.
Le lendemain, comme prévu au programme, nos trois amis cafistes, Brunnarius, Lamy et Poncin partent de la place Charles Albert, à 4 heures du matin, pour faire le Mirantin, en passant par le Fort du Mont. Ils veulent rentrer tôt car Brunnarius doit prendre le train le soir même pour Paris où l’attendent sa femme et leurs six enfants. De même Lamy veut rentrer le soir même sur Annecy , son épouse étant sur le point d’accoucher. Or, le soir venu, ils ne sont pas de retour, ni sur Albertville, ni sur Arêches.
A l’initiative du Docteur Armand et de la Ville, des caravanes de secours sont organisées et partent dès le mardi 12 à 2 heures du matin d’Albertville (une trentaine de secouristes). Arrivés sur les lieux, ils repèrent puis perdent les traces des trois alpinistes. C’est alors qu’ils aperçoivent sur la pente des Dralières, une coulée avalancheuse de neige. Des sondages sont faits en divers endroits, des tranchées creusées et on finit par retrouver les corps de Brunnarius, puis de Lamy qui sont alors péniblement descendus sur Albertville. Ce n’est que 3 jours plus tard que le corps de Poncin est retrouvé puis redescendu à Albertville. Les secouristes ont heureusement bénéficié d’un accueil chaleureux au Chalet des Chappes.
A l’issue des enterrements successifs, il fut décidé par la section locale du CAF et la Mairie d’Albertville d’ériger une stèle de 4 mètres de hauteur avec une plaque commémorative de l’accident et du décès sous la neige des trois alpinistes. L’inauguration de la plaque et du monument se fit le Samedi 10 septembre 1901. Près de 150 personnes se sont rendues sur les lieux.
Mais, au fil des années et des intempéries, le monument se délita et finit par disparaître dans les années 40.

LA PLAQUE EST RETROUVEE

C’est Roland Richard, cafiste qui se rendait souvent sur le site, qui l’a retrouvée fin août 1983, et l’a rapportée au siège du CAF de l’époque. Entre temps, changement du siège du CAF et les archives s’empilent dans les locaux que nous attribue la ville à la salle de Maistre. La plaque est oubliée quelque part au milieu d’objets divers entassés dans les combles.
C’est alors qu’au cours de l’hiver 2004, en faisant du rangement et des nettoyages pour la rénovation des locaux, j’ai « croisé » cette plaque qui, bien sûr ne me disait rien, mais je l’ai rangée précieusement attendant d’en savoir plus sur son histoire. Et puis, au printemps 2004, Emile Marin cafiste et cyclotouriste, informé de toute l’histoire locale et notamment de celle de l’avalanche de 1901, s’est présenté au CAF en expliquant qu’en groupe de gens du pays de Molliesssoulaz se proposait avec la collaboration du CAF de restaurer le monument commémoratif.

LA STELE EST RECONSTRUITE

Claude Cattelin, de la famille des Perrier de l’alpage des Chappes, s’est porté chef de chantier, recrutant ses collaborateurs, programmant méthodiquement les étapes du chantier. Personnellement, et en mes qualités de président du CAF à cette époque, j’ai mobilisé quelques énergies. Nous avons monté du sable et du ciment à dos d’hommes depuis le Haut du Pré. Nous avons fait de l’eau avec de la neige des névés, transporté des cailloux, fabriqué du ciment et reconstruit le monument. Nous avons constitué une équipe solidaire et conviviale, ne ménageant pas sa peine mais tissant en même temps de solides liens d’amitié et de convivialité. J’ai assuré la liaison permanente avec la ville et conquis la complicité du maire, Albert Gibello. C’est ainsi que nous avons pu célébrer une inauguration officielle avec cent cinquante personnes au sommet (comme en 1901) et sonnerie du Rallye-cor de Montmélian pour ensuite participer à un copieux repas champêtre aux Chappes.

LA PLAQUE DE DATATION

La stèle fut enrichie, outre la plaque explicative d’origine (en bronze patiné) d’une plaque de datation réalisée par la Fonderie de cloches Paccard à Sévrier. Elle fut posée et inaugurée en septembre 2006. C’est au cours de cette inauguration que j’ai pu signaler une lacune invraisemblable : la Roche Pourrie était le sommet d’Albertville, une « ville à la montagne » et ne possédait pas comme la plupart des sommets environnants, de table d’orientation. Et, Albert Gibello sut aussitôt relever le défi et s’engagea à financer le projet à condition que notre équipe en assure la réalisation.

LA TABLE D’ORIENTATION

Notre choix s’est porté sur une table en bronze patiné. Il fallait faire une maquette en plâtre, donc trouver un maquettiste… Après examen de candidatures, nous avons retenu celle de Paule Toussaint. Bien que n’ayant jamais réalisé de telles tables, elle en acceptait le défi. Quant au moulage en bronze, nous avons contacté la fonderie Paccard qui n’avait jamais procédé à une réalisation de ce genre. L’équipe de bénévoles se chargea de réaliser les socles en pierre et ciment. Avec Claude Cattelin, nous avons suivi de très près la réalisation de la maquette en plâtre, le coulage du bronze puis la réalisation des deux socles afin de respecter la date prévue pour l’inauguration le 24 juin 2007.

EN GUISE DE CONCLUSION

L’inauguration a eu lieu dimanche 24 juin 2007. Les trois parties prenantes y étaient : La Ville, en la présence de son maire, Albert Gibello, le CAF, en la présence de Régis Desmus, Président et d’une dizaine d’autre cafistes, enfin la nombreuse équipe de bénévoles locaux avec Claude Cattelin et Henri Molliex notamment. Il ne devait pas y avoir de discours. Il y en eut cependant, sous la pression de la foule. J’ai en tant que coordonnateur remercié tous les participants et rappelé les symboles attachés à cette réalisation. Albert Gibello a raconté avec humour comment il a dû venir un dimanche sous la pluie et dans le brouillard arbitrer un différend relatif à la lecture des tables d’orientation. Enfin, Henri Molliex, nous a gratifiés d’un magnifique texte poétique qui raconte à sa manière la petite histoire !

IL FAUT RETENIR DEUX CHOSES

  • La Roche Pourrie est surmontée maintenant d’un magnifique monument avec, à ses côtés, deux tables de lecture de paysage, formant un ensemble cohérent et très riche en significations culturelles et historiques, susceptible de donner aux touristes et autres randonneurs l’occasion d’apprendre et de comprendre.
  • C’est aussi le témoignage vivant d’une collaboration efficace entre personnes de sensibilités très différentes mais qui ont su unir leurs énergies autour d’un objectif commun d’ordre humaniste et tisser en même temps de véritables amitiés.

Pierre GALLET – juin 2007


INAUGURATION DE LA TABLE DE LECTURE DE PAYSAGE
A LA ROCHE POURRIE LE DIMANCHE 24 JUIN 2007
DISCOURS D'HENRI MOLLIEX

Il était une fois Pierre
L'homme qui gravit toutes les montagnes
Ainsi que le sommet du caf
Il était une fois Albert
Passionné pour sa Ville
Et le bien-être de ses habitants
Ces deux hommes
Des poids lourds qui construisent l'histoire
Ne les mettez jamais
sur une balance
Car ils dépensent tellement de calories
Sur le chemin de leur vie

Un jour Pierre, l'homme aux idées
Rencontre sur ce sommet Albert
Qui du premier instant fut enthousiasmé
Pour la construction d'une table d'orientation

Sur cette montagne, il y a beaucoup de pierreS
Claude les a scellées au ciment de l'amitié
Une première fois dans un monument pour nous souvenir
Une deuxième fois pour découvrir plus loin que le bout de son nez

Nous ne pourrons jamais calculer le dévouement
Les heures de bénévolat, les kilomètres parcourus
Les dénivelés réalisés pour accomplir la tâche
Sous la neige, le soleil et la pluie
Il y a un homme, il s'appelle Claude

Sur le socle de la Roche Pourrie
La place Charles Albert s'accroche à cette montagne
Toujours plus haut, toujours plus loin
La tête dans les étoiles
Les pieds sur Terre
Comme hier, comme aujourd'hui
Avec beaucoup d'espoir pour demain.

La Roche Pourrie est un point qui nous unit
Un point de rencontre
Un point de balade
Un but de sortie

Dans une société qui parfois perd le nord
Il est bon de monter à 2 037 m pour s'oxygéner
Rester un peu en marge
Et pouvoir lire le paysage
Depuis ce belvédère
Implanté depuis des millénaires.

Henri MOLLIEX


 

Dès le mois de mai et jusqu’aux premières neiges nous proposons, les dimanches et week-ends, des sorties pédestres en petits groupes, par mont et par vaux, allant 500 à 1500 m de dénivelé .

Pensez à vous munir d’un bon équipement : chaussures de marche, sac à dos, vêtements chauds, gants, coupe-vent et bien sûr quelques réserves gustatives du terroir .

Renseignements auprès du reponsable d'activité

Image du Blog chatillonlapalud.centerblog.net

 

Cotations du
niveau de difficulté

Cotation des
difficultés
physiques

Cotation des
difficultés
techniques

P1 : moins de 800m de dénivellé T1 : sentiers faciles
P2 : de 800 à 1200m de dénivellé T2 : passages raides
ou hors sentiers
P3 : plus de 1200m de dénivellé T3 : passages
exposés (aériens)
  T4 : rochers
(passages d'escalade facile) et/ou névés

 

 

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