La filière Hydrogène, vers une troisième révolution industrielle ?

Le 02.12.2014, par DenisP


A  l’initiative de la FFCAM, un colloque intitulé « Journée hydrogène pour les sites isolés de montagne » s’est tenu le 26 novembre dernier dans l’enceinte de l’Institut National de l’Energie Solaire (INES) situé  près de Chambéry (Savoie).

Cette manifestation était organisée dans le cadre du projet de coopération transfrontalière « Eco innovation en altitude », projet financé par des fonds européens.

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La question de l’accès à l’énergie dans les sites isolés est très ancienne et en forte évolution. En quelques  décennies nous sommes passés de la bougie (certains en gardent un souvenir nostalgique) aux solutions techniques les plus innovantes.

Dans le cadre de sa politique de rénovation de ses refuges, la question de l’autonomie énergétique des bâtiments est posée à la FFCAM avec plus d’acuité.

En effet, les normes sanitaires, les normes de sécurité, les habitudes sociales  entrainent  une sollicitation  croissante vis-à-vis de solutions énergétiques fiables, de plus en plus massives tout en  ayant une empreinte écologique la plus faible possible (énergie décarbonée).

Ces dernières années, le développement des énergies vertes (photovoltaïque, éolien, pico centrales, méthanisation…) ont permis de répondre à ces enjeux. Les équipements ont progressé dans leur efficacité, ils sont de plus en plus accessibles financièrement.

Cependant, si les solutions techniques se sont perfectionnées,  le « maillon faible » de la chaîne de production réside dans la capacité de stockage de l’énergie produite.  Souvent on constate une surproduction (pendant les périodes d’ensoleillement par exemple), des solutions de stockage insuffisantes pour répondre aux besoins de la nuit, aux périodes de mauvais temps, aux périodes  hivernales. Une grande partie de l’énergie produite ne peut être stockée, elle est « gaspillée ».

Actuellement, la solution technique de stockage réside le plus souvent en un parc de  batteries, l’autonomie  étant lié au nombre de batteries installées. Cette solution n’est pas sans inconvénients : stock d’énergie limité au dimensionnement du parc de batteries (le plus souvent trois jours d’autonomie), encombrement, poids, décharge naturelle en quelques mois, difficultés  à recycler les batteries obsolètes...

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L’industrie a développé une nouvelle technologie qui vient de passer  de la phase d’expérimentation à une phase de commercialisation : le stockage de l’énergie grâce à l‘hydrogène.

L’hydrogène est produit à partir de l’électrolyse de l’eau. Nécessitant très peu d’eau, cela constitue une ressource quasi inépuisable qui  peut être produite partout (pas de transport).

Le processus est connu depuis longtemps (souvenons nous de nos travaux pratiques à l’école), la première électrolyse de l’eau a été réalisée en 1800 par deux chimistes britanniques.

Il suit les étapes suivantes :

Processus de stockage

  • Electrolyse de l’eau à partir d’une source électrique (excédent de production de panneaux solaires ou autre énergie verte…).
  • Production  (à partir d’un catalyseur) de l’hydrogène et stockage en bonbonnes sous pression ou dans des cylindres chargés de sulfures métalliques qui jouent un rôle « d’éponge » (basse pression). Ce stockage peut être très important (six mois de consommation), il ne subit pas de perte dans le temps (pas d’autodécharge), il prend peu de place.

Processus de déstockage

  • Production d’électricité à partir du stock d’hydrogène via une pile à combustible. Ce nouveau processus est silencieux, il ne dégage que de l’eau, n’émet aucun gaz à effet de serre.

 

Le passage de la phase de recherche et d’expérimentation à la phase de commercialisation est très récent. Si le processus est à ce jour encore coûteux (produit de base à 50K€ mais pouvant faire l’objet de subventions), il est certain que les prix vont rapidement baisser et vont devenir accessibles. Soyons certain qu’une fois encore la FFCAM saura innover et sera un vecteur de développement de ces nouvelles technologies.

Denis PLAZE CNPM

Pour aller plus loin :

Electrolyse de l’eau : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectrolyse_de_l%27eau

La commercialisation du processus :

http://atawey.com/

http://www.electropowersystems.com/

http://www.paxitech.fr/

http://wh2.fr/index.php/wh2-production-hydrogene-vert


 

 

PROTECTION DU MILIEU MONTAGNARD
ET DEVELOPPEMENT DURABLE

Le CAF au cœur de l’environnement

Les Clubs Alpins et de Montagne ne forment pas seulement une fédération sportive. C’est aussi une association qui a été agréée par le Ministère de l’Environnement dès 1978 au titre de la protection de la nature.

C’est parce que la montagne est au cœur de nos pratiques et aussi parce qu’elle fait partie de notre patrimoine qu’il nous tient à cœur de la préserver, d’éduquer et de sensibiliser nos adhérents et tous ses pratiquants en général.
Aussi, nous encourageons toutes les pratiques de loisir de pleine nature qui excluent l’usage du moteur et qui s’expriment dans le respect du milieu naturel.

Le CAF d’Albertville s’inscrit de longue date dans cette démarche.

Un exemple avec le Trail d'Albertville.

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